Le cas du spécialiste

Publié le par Madame Hérisson

Lors de la visite médicale des 2 ans de la Miss, on nous avait donné 2 noms de spécialistes pour prendre un avis sur 2 questions différentes (une concernant l'orthopédie, l'autre concernant la dermato). Par hasard, nous avons commencé par voir l'orthopédiste. J'y allais un peu à reculons, sachant que la Miss hurle à chaque fois qu'elle voit une table d'auscultation et aussi, parce que c'est toujours impressionnant de voir un spécialiste (coucou le syndrôme du grand manitou). Ce rendez-vous s'étant super bien passé, on s'est rendu samedi matin à notre deuxième rendez-vous le coeur léger et un peu naïf.

Le cas du spécialiste

On est arrivé à 10h22, pour un rdv à 10h20, la faute au réceptionniste de l’hôpital qui nous avait envoyé balader mal expliqué le lieu. On attendait ce rdv depuis la naissance de la Miss, Monsieur Hérisson étant inquiet de cette situation. 2 ans à poser les mêmes questions au médecin généraliste “qu’est-ce que c'est ? Est-ce que c'est grave ?” et à la visite annuelle à la crèche, on nous a recommandé un dermatologue-pédiatre. J'avais d’autres questions et j’espérais, si on accrochait bien, lui en poser quelques unes, toujours en restant dans sa compétence. Alors, on n’était pas à 2 minutes près. Finalement, on a attendu plus d’une demi - heure, avec comme seul jouet (dans une salle d’attente du service pédiatrie, je répète) un boulier. Et aucun livre pour enfants.

Le cas du spécialiste

Le médecin arrive, appelle la Miss par son prénom puis s’en va. On la suit dans son bureau tant bien que mal, elle nous demande de nous asseoir et on lui explique la situation.

“et donc vous venez pour que je tranche? Installez la, je vais l’éxaminer”

La Miss réclame son doudou, se crispe et s’accroche à moi tel un koala à son arbre.

Je la pose assise sur la table, habillée, en pleurs.

“ben, déshabillez la!” me dit-elle séchement.

Le cas du spécialiste

Elle dit des phrases qui sont sensées rassurer la Miss  (“regarde le poisson au-dessus” ou encore “je fais juste regarder”) mais qui sont dites avec tellement peu d’enthousiasme et trop d’automatisme que la Miss n’y croit pas.

L’examen dure moins d’une minute. Le médecin repart à son bureau en se posant à elle-même des questions rhétoriques et finalement, tranche. Elle me demande le carnet de santé et la carte vitale pendant que Monsieur Hérisson rhabille la Miss. Pour elle, la consultation est terminée, ben oui, elle a tranché… Elle pose quand même une question d’usage,  encore par automatisme, sûrement : “vous avez des questions ? “ BEN OUI! Ce n'est pas une visite de routine  (poids, taille, respiration, merci, au revoir), on vient voir un spécialiste parce que nos médecins généralistes nous l’ont conseillé alors oui, on a des questions. Est-ce que ça va évoluer ? Est-ce que c'est grave? Est-ce qu’on doit l’enlever et comment ?

Elle répond à nos questions mais visiblement, on en pose trop. La prochaine fois, on ira directement sur un forum doctissimo pour avoir une réponse (flippante) à toutes nos questions.

Le cas du spécialiste
  • “c'est qu'un bout de peau. Nous, les pédiatres, ça nous inquiète pas. Ce n'est vraiment pas rare, pas fréquent, mais pas rare. J'ai 30 ans de Necker et 4 ans ici (hôpital privé de banlieue chic d’île de France), j’en vois plein. Et même, je considère qu'il ne faut pas le dire si on ne me demande pas ce que c'est. Monsieur, si ça, ça vous inquiète, vous n'avez pas fini de vous inquiétez et en plus, vous allez transmettre vos angoisses à votre enfant”. Coucou la culpabilité.
  • “Si il faut l’opérer ? Vous n’y pensez pas ! A son âge, je n’opère pas sous anesthésie générale pour ça. Vraiment, on verra ça à l’adolescence comment ça évolue.” Oui, bah, si il y a opération, ce sera sans vous, hein.

On n'en sera pas plus sur l’origine, l’évolution ou encore les conséquences. Elle était bien plus intéressée à savoir comment fonctionnait son terminal de carte bleue (la vraie priorité,le flouze). “vous payez comment ? Par carte? Argh… Je veux bien mais comme je suis pas dans mon bureau habituel, ce n'est pas le terminal et le samedi, il met 30 minutes à valider. C'est pour ça mon retard de ce matin” 10 minutes de consultation et paiement par chèque (80 €, gloups), je crois qu’elle a un peu rattrapé son retard, non?

Le cas du spécialiste

Et comme la discussion était assez tendue (elle était aggressive tout en souriant), l’entretien s’est fini ainsi :

" - il y a 4% des naissances qui ont cette particularité. C'est énorme !”

Et Monsieur Hérisson qui répond : “oh, vous savez, il y a 6% de la population qui est narcissique pervers…”

A bon entendeur… 😉

On est sorti de là, hilare, halluciné puis en colère. Comment un spécialiste et qui plus est, destiné aux enfants, peut-il être autant agressif, dédaigneux et prétentieux? Les 30 ans passés à Necker (hôpital parisien spécialisé pour les enfants malades) où des provinciaux montaient la voir après plusieurs mois d’attente ? L’approche de la retraite ? Sûrement un peu des deux mais je crois qu'elle n'est pas prête de nous revoir !

Le cas du spécialiste

Publié dans santé, Miss Hérisson, vécu

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